TENDINOPATHIE QUADRICIPITALE, ROTULIENNE, DE LA PATTE D’OIE, DU TENSEUR DU FASCIA LATA
CLINIQUE
Le diagnostic est essentiellement clinique et repose sur la triade diagnostique : douleur à la palpation de l'insertion, à l’étirement passif et à la contraction contre résistance.
Tendinopathie Rotulienne (la plus fréquente) :
Siège : Pointe de la rotule (le plus souvent), corps du tendon ou tubérosité tibiale antérieure.
Contexte : Sports d'impulsion, sauts et courses (athlétisme, basket, volley).
Tests : Douleur à l'extension de jambe contre résistance et à la flexion passive maximale.
Tendinopathie Quadricipitale :
Siège : Pôle supérieur de la patella (base).
Contexte : Haltérophilie, escrime, port de charges lourdes.
Tests : Douleur à l'extension contrariée et à l'étirement passif.
Tendinopathie de la Patte d’Oie (Sartorius, Gracile, Semi-tendineux) :
Siège : Face antéro-médiale du tibia, sous l’interligne articulaire.
Facteurs favorisants : Femme > 50 ans, genu valgum, rotation externe excessive de jambe.
Tests : Douleur à la flexion et rotation médiale contrariée de la jambe.
Tendinopathie du Tenseur du Fascia Lata (Syndrome de l'essuie-glace) :
Mécanisme : Friction de la bandelette ilio-tibiale sur le condyle latéral lors de la flexion-extension.
Contexte : Course à pied, cyclisme.
Tests spécifiques : Test de Noble (douleur à la mise en tension à 30° de flexion) et Test de Renne (flexion/extension en appui monopodal).
Diagnostics différentiels :
Bursite septique (Hygroma infecté) : Devant un gonflement pré-rotulien, rechercher une rougeur, chaleur, fièvre ou une porte d'entrée cutanée.
Arthrite septique : Genou gonflé, chaud, avec impotence totale et limitation des amplitudes passives.
Rupture tendineuse : Apparition brutale d'une encoche palpable et d'un déficit majeur de l'extension active (appareil extenseur).
IMAGERIE
Le diagnostic est avant tout clinique.
Radiographies Face en charge, Profil, Schuss, Défilé 30° : Systématiques pour éliminer une pathologie articulaire (gonarthrose), une fracture ou rechercher des calcifications.
Échographie : Permet d'analyser la structure du tendon, l'enthèse et l'existence d'une bursopathie associée.
IRM : Réservée en cas de doute diagnostique persistant ou si une chirurgie est envisagée (3e intention).
PRISE EN CHARGE
Traitement médical :
Repos relatif, correction du geste sportif ou du poste de travail et éviction temporaire des sollicitations forcées.
Antalgiques +/- AINS topiques ou per os en cure courte.
Kinésithérapie : Étirements, travail excentrique et correction des troubles de la statique (semelles si besoin).
Infiltrations de corticoïdes (efficace pour la patte d'oie) ; à éviter dans le corps des tendons extenseurs (risque de rupture).
SUIVI ET ORIENTATION
AVIS rhumatologique spécialisé : Indiqué en cas d'échec du traitement médical bien conduit après plusieurs mois ou devant une suspicion de lésion méniscale ou ligamentaire associée.
Évolution : souvent lente ; la reprise du sport doit être progressive et guidée par les symptômes et la tolérance à la charge.
Pour en savoir plus …
Les référentiels des collèges, Orthopédie-Traumatologie, Ellipses, 4ᵉ édition, 2024,
Les référentiels des collèges, Rhumatologie, Elsevier-Masson, 8e édition, 2024
