ÉPANCHEMENT ARTICULAIRE
CLINIQUE
Le diagnostic est essentiellement clinique pour les articulations superficielles (genou, cheville, poignet).
Inspection : Mise en évidence d'une tuméfaction globale de l'articulation avec disparition des reliefs anatomiques.
Palpation : Recherche d'une fluctuation palpable ou de signes spécifiques comme le choc rotulien (signe du glaçon) ou le signe du flot au genou.
Mobilité : Une limitation des amplitudes (active et passive) peut être liée à la douleur ou à la distension capsulaire.
URGENCE :
Fièvre, articulation chaude et très douloureuse, impotence importante, terrain fragile, immunodépression, prothèse articulaire, plaie ou geste articulaire récent, ou syndrome inflammatoire biologique marqué.
DIAGNOSTICS DIFFÉRENTIELS :
Une bursite (hygroma) : Inflammation d'une bourse séreuse superficielle (coude, genou) ; la mobilisation passive de l'articulation est ici conservée et indolore.
Une ténosynovite : Inflammation de la gaine d'un tendon ; le gonflement est localisé le long du trajet tendineux.
Un érysipèle ou une cellulite : Inflammation cutanée superficielle sans limitation articulaire.
Un œdème de stase : Notamment lors d'une thrombose veineuse profonde (TVP).
IMAGERIE
Ponction articulaire (geste clé) : systématique devant tout épanchement inexpliqué, et avant tout traitement antibiotique ou corticoïde.
Comment ponctionner ? https://www.lecofer.org/video-semiologie-400.php
Radiographies Face et Profil : Systématiques en première intention pour rechercher des signes d'arthrose, de chondrocalcinose, une fracture ou une destruction articulaire.
Échographie : Examen de choix pour confirmer un épanchement sur une articulation profonde (hanche) ou guider une ponction difficile.
IRM : Utile pour l'analyse des tissus mous (ménisques, ligaments) ou pour détecter précocement une ostéonécrose ou un SDRC.
PRISE EN CHARGE
Antalgie adaptée.
Glaçage et mise au repos relatif de l’articulation.
Si cause non infectieuse : AINS, colchicine ou corticothérapie, en cure courte.
L'immobilisation stricte doit être évitée (risque d'enraidissement). Une rééducation isométrique doit être débutée précocement dès l'amélioration des douleurs.
Pour en savoir plus …
Les référentiels des collèges, Orthopédie-Traumatologie, Ellipses, 4ᵉ édition, 2024,
Les référentiels des collèges, Rhumatologie, Elsevier-Masson, 8e édition, 2024.
https://www.lecofer.org/item-cours-1-21-0.php
https://hal.science/hal-03492576v1/file/S1169833020301551.pdf
